Blog Sonmudo

Wonhyo (essence et histoire de l ‘origine du sonmudo) – Épisode 4 – Boire l’eau dans un crâne

Posté le mai 12, 2020 dans Blog Sonmudo

Wonhyo tenta une deuxième fois d’aller étudier en Chine Tang, à l’âge de 44 ans (661), à nouveau en compagnie de Maître Uisang. Pour traverser la mer vers la Chine, ils firent route vers l’ouest. Au moment où ils atteignaient le port de la forteresse Tanghang, la nuit était déjà tombée. Assaillis par un vent violent et une pluie torrentielle, ils furent contraints de passer la nuit dans un abri de rochers. Le lendemain matin, quand ils se réveillèrent, ils virent qu’ils avaient en réalité passé la nuit dans un caveau, la pluie continuait à tomber violemment et ils furent forcés de passer là, une deuxième nuit. Cette nuit-là, Wonhyo ne pouvait dormir, tenu éveillé par des bruits terrifiants et des visions de fantômes. Ce fut l’occasion opportune pour le grand éveil du jeune maitre. La nuit précédente, il avait pu reposer à son aise, parce qu’il pensait dormir dans un abri sûr. Mais pendant cette deuxième nuit, sachant qu’il se trouvait à l’intérieur d’un caveau, dans une sépulture, il se sentait tout à fait mal à l’aise. Grace à cette expérience, il réalisa que quand survient une pensée tous les dharmas se réveillent, Mais quand la pensée disparait, un abri ou une tombe peuvent être une même chose. Les trois mondes sont simplement l’esprit. Tous les phénomènes ne sont que simple perception. Il n’y a aucun dharma en dehors de l’esprit. Quoi d’autre y aurait-il à chercher ? Je n’irai pas en pays Tang. Wonhyo s’en retourna en Silla, en clamant bien haut cette dernière expérience. Il avait été éveillé à la Grande Vérité, à savoir que le dharma n’existe pas en dehors de l’esprit. La vérité n’est pas quelque chose que l’on peut trouver en dehors de soi-même, mais c’est une prise de conscience intérieure. Wonhyo perçut l’essence de l’esprit qui se trouve dans l’intimité même de chaque être humain. Cette prise de conscience de maitre Wonhyo devint fameuse dans les années qui suivirent et fut reconsidérée dans la version encore plus fameuse ou récit. Selon le récit, Wonhyo éprouva une soif intense pendant la nuit, et se mit à chercher de l’eau dans l’obscurité. Il réussit à distinguer un objet qui avait l’apparence d’une gourde. Il le prit et vit qu’il y avait de l’eau à l’intérieur. II la goûta. Elle était très douce. Il avala le contenu d’un seul trait, et ayant étanché sa soif, s’endormit profondément jusqu’à l’aube. Le lendemain matin, quand il s’éveilla, il se souvint de ce qui s’était passé et chercha la gourde. Il ne put la trouver nulle part. Il aperçut seulement des crânes humains qui jonchaient le sol. La gourde était donc un de ces crânes, et l’eau au goût sucré, était de l’eau de pluie qui s’était accumulée à l’intérieur. Il examina I’ intérieur de l’un de ces crânes et s’aperçut que dans l’eau grouillaient des asticots vivants. La prise de conscience profonde qui fut la sienne à travers cette expérience lui remit à l’esprit une lecture dharma qu’il avait lue dans le texte : « L’Éveil à la foi ». Lorsque se lève une pensée, se lèvent toutes sortes d’esprits différents Quand disparaît une pensée, tous ces esprits divers disparaissent Comme dit le Tathagata, les Trois Mondes sont illusion Tout n’est que simple fabrication de l’esprit. Wonhyo comprit que chaque image et phénomène arrive comme résultat d’un jugement à l’intérieur de l’esprit et n’est rien d’autre que cela. Il se tourna vers Uisang et lui dit : – M’avez-vous vu souffrir de la soif, la nuit dernière ? – Je vous ai vu en grande souffrance, buvant...

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Ancrage ?

Posté le mai 9, 2020 dans Blog Sonmudo

On souffre de ce confinement, de cette distanciation, de ce besoin inassouvis d être avec l’autre. De trop d’heure sur les écrans. De pas d’outils pour s occuper de soi. Aider les autres du mieux qu on peut use aussi votre énergie et votre ancrage. C’est un état-de-l’esprit engendré par l’État du corps et de l ‘énergie qui l’anime. Être ancré, c’est être connecté à la terre.Et être connecté à la terre c est être en soi. C’est se sentir relié. C’est sentir cette connexion profonde qui existe entre nous et la terre, et être dans l’acceptation du moment présent.Être ancré, en gros, c’est aussi sortir de ses pensées et prendre conscience de son corps dans son intégralité. C’est donc accepter pleinement son corps tel qu’il est et en prendre soin. C’est habiter complètement ce corps qui est le nôtre et accepter de vivre notre vie ici, maintenant, sur cette terre. Un synonyme de s’ancrer est s’enraciner. S’ancrer, c’est s’enraciner dans le sol, dans la terre, dans le réel, dans la matière, dans le présent, dans l’ici et maintenant…peu importe les noms que vous utilisez.Les technique de l’ancrage vont vous permettre de vous enraciner bien profondément dans le sol, ce qui vous permettra ainsi de ne pas vous faire emporter, chahuter, chavirer… au premier « petit coup de vent « qui se présente. Et il y en a déjà eu de sacrés ! Comment ? Les activités sportives car elles font travailler le corps, élément essentiel de l’ancrage : marche, course , arts martiauxici kikong martial : Les amis, l’amour, le rire. Les activités de méditation La marche en conscience et toutes activités effectuées en pleine conscience.Les activités artistiques et corporelles : musique, danse, yoga, Taï chi, Qi qong facile Qi gong plus avancé Toute activité qui prend soin du corps : yoga, massage, relaxation, étirements , cuisine saine… Mais aussi et surtout tout ce qui permet un contact avec la nature : balade en forêt, à la campagne, en montagne, jardinage, se baigner dans la mer, en rivière…etc….Prenez soi de vous . C est bien pour vous bien sûr et pour les autres !...

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Wonhyo (essence et histoire de l ‘origine du sonmudo) – Épisode 3 – Le désir d’étudier

Posté le mai 5, 2020 dans Blog Sonmudo

Busoksa Wonhyo et son ami Uisang Wonhyo avait un compagnon spirituel en la personne d’Uisang (625-702). Ils étaient très différents de par leurs origines familiales, leur personnalité, leur façon de pratiquer, ainsi que sur des points considérés comme importants. Cependant chacun d’eux tenait la personnalité et l’érudition de l’autre en haute estime. Il y a beaucoup d’épisodes dans lesquelles Wonhyo et Uisang apparaissent ensemble. La phrase « Ainsi parlait maître Wonhyo… » apparaît continuellement dans les récits de leurs ferventes études sur le bouddhisme de « la Fleur Ornement »*, et les disciples de Uisang citent fréquemment les paroles de Wonhyo. Lorsque Maitre Uisang fonda le temple de Naksansa on raconte que Wonhyo, peu après, s’y rendit en visite pour y offrir ses prières. Né dans une famille noble en 625, Maître Uisang renonça à ce monde à l’âge de 19 ans. Il se retira dans le temple de Hwangboksa, à Kyongju, capitale de Silla. En 661, Uisang se rendit en Chine Tang, en quête d’une éducation plus large pendant plus de 10 ans. A son retour, Après avoir construit le temple Pusoksa, Maître Uisang commença à propager le nouveau bouddhisme de la Fleur Ornement (Hwaom, en coréen, Hua-yen, en chinois, Kegon, en japonais), qui engage à mettre les enseignements en pratique plutôt que de s’arrêter à la seule connaissance. Alors que sa philosophie était basée sur le bouddhisme de la Fleur Ornement, Uisang adopta aussi le bouddhisme Avalokitesvara (Kwanum)** ainsi que les doctrines de la Terre pure (surtout sutra 나무아미타불 Namu Amita Bul)***. Dans une société basée sur un système rigide de castes, Uisang mettait l’accent sur l’égalité des êtres humains, et fit tout ce qu’il put pour alléger les souffrances des gens. Lorsque le roi Munmu (règne : 661~-681) offrit de le récompenser en lui donnant des terres et des serviteurs, Uisang refusa poliment, insistant que tous les hommes sont égaux face au dharma et qu’un adepte de Bouddha ne peut pas avoir des serviteurs. L’influence d’Uisang s’étendit bien au-delà de la communauté bouddhiste jusque dans tous les secteurs de la société. Dans son ouvrage Hwaom Ilsung Popgyedo (diagramme du royaume du dharma du véhicule unifié du bouddhisme de la Fleur Ornement), Uisang a distille l’essence de l’enseignement du bouddhisme de la Fleur Ornement, qu’il enseignait et qu’il mettait en pratique. Il mourut à l’âge de 78 ans, (ce qui est rare pour l’époque) en 702. Cependant, ses dix disciples les plus fervents s’efforcèrent, par la suite, de propager les enseignements du maître. Uisang devint ainsi le fondateur posthume de l’école coréenne du bouddhisme de la Fleur Ornement. Même si Uisang ne s’est pas rendu au Japon, il souleva une adhésion considérable parmi les Bouddhistes japonais. En 1219, fut réalisée une peinture à plusieurs volets, appelée kegon emaki (actuellement à Kozan-ji, à Kyoto). Elle documente les aventures d’Uisang lors de son voyage vers la Chine. Wonhyo, quant à lui, a eu de nombreux disciples distingués, mais il organisait ses adeptes de manière différente de celle d’Uisang. Au lieu de propager le dharma grâce à une congrégation bien organisée, Wonhyo choisit de s’investir directement auprès du public. Afin de semer les germes du bouddhisme dans les cœurs des gens, il visita d’innombrables hameaux et villages à travers tout le pays. A l’inverse, Uisang restait dans sa demeure, au mont Taebaek et concentrait ses efforts à la formation de ses disciples. Wonhyo montra son intérêt pour d’autres sciences ou encore pour les sciences médicales. Uisang, quant à lui, ne s’aventura jamais en dehors du bouddhisme. Il maintenait l’apparence d’un pratiquant strict, alors que Wonhyo parcourait les rues comme les gens ordinaires....

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